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Ce blog est dédié aux amoureux du petit bourg de Pleubian et de ses environs...

Pleubian (Pleuvihan), la mémoire de la Bretagne

Publié par Christophe Villa-Mélé in Historique de Pleubian

Adjacent à Lézardrieux, le petit bourg de Pleubian, est niché dans les hauteurs des cotes d’Armor. Il se situe seulement à quelques kilomètres de « Paimpol ».

Au cœur d’une presqu’île sauvage il est un havre de paix intemporel riche en couleurs. C’est un lieu où il fait bon vivre, ou son esprit vague tout au long des petits chemins sauvages et des ruelles typiques environnants les abords du bourg . Figurant la mémoire du pays breton, les paysages celtes et enchanteurs et magiques se dévoilent peu à peu au visiteur qui les traverse. « Si vous savez l’écouter, » de nombreuses légendes vous seront soufflées par le vent du large sur le littoral de : Pors Rand, Kermagen et du célèbre Sillon de Talbert ; un cordon de terre datant du néolithique.

Appuyé sur un palud tourbeux qui renferme de nombreux tessons de poteries et de poternes remontants à près de 2200 ans avant J.C. Ce lieu conserve la mémoire d'un passé totalement oublié par les hommes d'aujourd'hui.

A la fin du néolithique, la mer n’avait pas encore gagné les rives du massif Armoricain.

Ce n’est qu’au cours de l’âge de bronze qu’elle s’y installa et devait par la suite se replier.

Formé il y a 100 000 ans, cette langue de sable longue de trois kilomètres est située entre la vallée du « Jaudy et du Trieux ».

 

Le Sillon de Talbert fut classé par la région Bretagne « Espace Remarquable de Bretagne. » Il abrite de nombreuses espèces protégées dont la faune et la flore.

On y dénombre d’importantes populations d’oiseaux : Sterne naine, Gravelot ou Bernache s’y côtoient en parfaite harmonie avec d’autres espèces migratrices.

 

 

Lieu de légende

 

La légende assure que : « la fée Morgane habitait l’île de Talbert, jadis séparée de la cote par un petit bras de mer. Le roi Arthur, au cours d’une longue chevauchée qu’il faisait autour d’un domaine qu’il possédait à Pleumeur-Bodou, « le château de Kerduel », s’était aventuré jusqu’à la limite des flots au dessus de Pleubian, le Roi aperçut la fée assise sur les rochers de son île, peignant sa longue chevelure rousse…

Aussi vif que l’éclair de l’épée du roi, l’amour jaillit entre eux. Hélas, la mer les séparant, Arthur du revenir au château de Kerduel sans avoir pu rejoindre sa promise. Il cacha sa déception à la Reine Guen-Archant ainsi qu’à la cour et s’en retourna vers le royaume des mers rejoindre Morgane. Celle-ci quand au loin du rivage, aperçu le Roi, elle emplit sa robe de galets blancs et entra dans la mer.

Elle jeta devant elle une pierre qui devint un rocher sur lequel elle bondit, puis d’autres galets qui, se joignant, formèrent aussitôt un passage et Morgane pu se glisser dans les bras d’Arthur. Le Sillon de Talbert était né, un tout petit bras de mer, Toul-Ster, le sépare de l’îlot, et seul une fée peut le franchir. Morgane le voulut ainsi afin d’interdire l’entrée de son refuge aux profanes. Arthur et Morgane ne ce sont jamais séparés. L’île de d’Aval, est devenue leur sépulture commune… »

 

 

Aux sources du passé

 

Le pays de Pleubian possède de nombreux monuments mégalithiques dont certains sont restés intacts.

Notamment sur le lieu dit « Poul ar Roué », se dresse un menhir cubique de 3 m 20 de haut avec des faces dont la largeur atteint les 2 m 10. Celui-ci est exposé du coté levant par sa plus grande face.

Dans ce périmètre, un particulier a découvert, des vestiges archéologiques datant vraisemblablement de la préhistoire : Hache de pierre polie et des parures en coquillages percés (colliers et bracelets).

Sur le lieu-dit « Ar-Vaskouet », on peut retrouver un ensemble de trois menhirs en granit orientés dans l'axe du soleil levant. Ils sont figés dans le sol naturel et alignés à 67° environ. L’un d’entre eux, « le menhir de Poul Ar –Vasquez », situé près de Od Joge en Pleubian, s’élève à 2 m 80 de haut, il fait près d’un mètre de large et 90 millimètres d’épaisseur.

 

 

L’église de Pleubian et Philippe Beaumanoir

 

Au sein du petit bourg de Pleubian se dresse l’église dédiée à Saint-Pierre et

Saint-Georges. Curieusement ce dernier n'est pas monté sur un cheval. Pour les alchimistes Saint-Georges illustre la voie sèche.

Une autre représentation de Saint Michel figure lui quant à elle la voie humide chère aux "Souffleurs".

Saint Michel terrassant le démon se retrouve dans toutes les églises Bretonnes... »

Nous devons savoir qu'autrefois dans notre vieille France, les baux prenaient fin le 29 septembre, date à laquelle on vénère cet archange.

Ce saint lieu fut Relevé au XIVe siècle. Cet édifice est pourvu d’un « clocher Mur » en tout point semblable à deux communes du canton. La conception architecturale à été conçue au XVIe siècle par « Philippe Beaumanoir », puis reprise au XVIIIe siècle dans le Trégor.

Philippe de Beaumanoir appartient à une famille de constructeurs originaire de Plougonven (commune du département du Finistère). Mentionné comme compagnon qualifié dès 1448 à Saint-Melaine de Morlaix, puis comme Maître ouvrier en pierre en 1499 à St Nicolas de Plufur, puis comme Maître et principal entrepreneur de 1507 à 1523 à Plougonven. La liste des bâtiments qui lui sont reconnus est saisissante, notamment:

Les églises de Guimiliau, Guerlesquin, Plougonven, Ploumilliau, Ploulec’h, Trédrez, Lohuec, les chapelles St Nicolas de Plufur, St Gildas en Carnoët, St Nicodème de Lanleïa, des édifices disparus comme la chapelle de la Trinité en Plounérin dont les pierres ont servi à édifier une très belle villa à Plestin-les-Grèves.

Philippe Beaumanoir a su personnifier les principes architecturaux (pignons, contreforts, flèches, tourelles d’escalier) et avec la matière (sculpture de granit) pour créer une architecture qui se distingue par deux innovations : le clocher-mur et l’abside à noues multiples.

En 1728, le 13 juillet, l’évêque de Tréguier trouva l’église trop vétuste pour y commémorer le culte. Ce sera le 8 janvier 1729, que les plans de reconstruction du saint lieu seront dressés par « l’architecte Anfray » et 84 ans plus tard, en 1813, que les travaux seront administrés par le bâtisseur « Lavasseur ».

L’abside ainsi que les deux premières travées de la nef sont refaites, avec un sol en pierres tombales récupérées dans des cimetières et des chapelles.

A l’est est reconstruite la tour qui était à l’ouest. Le bas coté nord ne sera quant à lui, relevé qu’en 1833 et le bas coté sud-est, dès 1848. Les doubles bas cotés seront refaits à partir de 1866 ainsi que « le campanile, abattu par la foudre. » En 1889, la sacristie est reconstruite. Il aura fallu presque deux siècles pour restaurer l’église et remplacer son mobilier.

 

 

Un calvaire de Granit

 

Le calvaire de Pleubian (XVe siècle) est sûrement l’un des plus beaux de Bretagne.

Ce dernier se dresse à coté de l’église Saint Georges

Il comprend un soubassement formé d’un massif de maçonnerie entouré d’un double rebord de pierre formant un banc.

De chaque coté de l’entrée, des bénitiers ont été installés.

Au nord, face à l’église, un escalier de « neuf marches » donne accès au pallier de la chaire.

Le nombre neuf révéré par les anciens Celtes revient très souvent dans l'architecture bretonne. Il est encore vénéré chez de nombreux peuples nordiques.

 

La tribune est ornée d’un parapet de granit. On y trouve la figuration de plusieurs scènes de la passion et de la résurrection du Christ.

Au centre de la chaire se trouve également représenté la crucifixion.

La tradition rapporte que « Saint Vincent Ferrier », le petit frère des pauvres, serait venu prêcher à Pleubian et que la chaire calvaire aurait été édifiée en commémoration de ses prédications…

Cependant, il faut noter que ce calvaire est à l’origine une sorte de prototype de grands calvaires « Léonards » que l’on découvre dans le Finistère et qu’il serait également le premier monument de ce type recensé par les historiens.

Une très ancienne chronique rapporte que de nombreuses terres du canton appartenaient à des « moines rouges » dont on retrouve dans la région de nombreux témoignages sous la forme de croix pattées sculptées dans le granit… »

Le nom de « moines rouges » s'appliquait dans cette région aux Templiers ; cette couleur n'était pas celle du costume de ces religieux militaires, qui était blanc avec une croix rouge sur la poitrine. Ce qui valut à ces courageux guerriers le titre de

" Chevaliers aux Blancs Manteaux ". Cependant, dans les récits populaires, le Malin est toujours décrit revêtu d'un habit couleur du feu.

Les moines rouges ont laissé dans les mémoires locales des souvenirs exécrables.

Nous pensons que ces derniers n'avaient rien à voir avec l'Ordre du Temple.

 

 

" Nous tenons à remercier Monsieur le Maire de Pleubian, Loïc Mahé pour avoir permis la création du blog "

 

De nombreuses informations proviennent du syndicat d’initiative de Pleubian

Le guide de la Bretagne mystérieuse, éditions Tchou- 1976

http://www.infobretagne.com/beaumanoir.htm

http://esotcelt.unblog.fr/symbolisme-et-chiffre-le-nombre-neuf-9/

http://www.france-pittoresque.com/legendes/50.htm

 

Par Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé © 2012

Illustration graphique par Christophe Villa-Mélé